Pour un management sociétalement responsable

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Notre monde est devenu trop connecté, trop interdépendant pour que l’égoïsme, le sectarisme, l’isolationnisme, reste une option. L’histoire montre que ceux qui ont assez cru en eux-mêmes et leurs valeurs pour oser aller vers les autres (Gandhi, Martin Luther King…) ont eu un impact bien plus positif que ceux qui se sont refermés sur eux-mêmes et ont ignoré les autres.  Un manager ne peut se contenter de gérer de manière imperméable son entreprise, son service, son secteur…

Cela demande de :

  • Préserver son énergie: si le manager (ou l’entité qu’il gère) ne connaît pas ses limites, ses valeurs, son projet, il gaspille son énergie, et la rencontre avec l’Autre accentue le phénomène.
  • Préserver l’énergie des Autres: nous sommes interdépendants. Garantir le bien-être des salariés, c’est assurer le bon fonctionnement du premier moteur de l’entité. Préserver la qualité, la quantité et la diversité des ressources naturelles, c’est s’assurer sur le long terme d’avoir toujours les moyens de mener son projet à bien. Préserver l’énergie des autres permet qu’ils ne gaspillent pas l’énergie que je leur donne. Etc.
  • Mobiliser l’énergie : à quoi servirait de dégager des sources d’énergie, qu’elles viennent des collègues, des partenaires, de la société ou de la nature, si je n’en fais pas usage ? Une grande quantité de l’énergie des entreprises, associations, institutions, se perd dans les méandres de l’indécision ou du manque de vision. Malheureusement pour nous, l’énergie ne se thésaurise pas : l’énergie qui n’est pas utilisée quand elle est disponible est perdue.

En tant que managers, nous devons tenir compte des différentes parties prenantes de l’entreprise et ce, d’une manière intégrée et cohérente :

  • l’ensemble des clients, bénéficiaires, usagers (que j’appellerai « clients » dans la suite). Le client est classiquement perçu comme celui qui fournit à l’entreprise les fonds dont elle a besoin pour sa croissance, en échange d’un bien ou d’un service. Le client peut être bien plus, et un nombre croissant d’entreprises l’ont compris. Le client peut vraiment participer au projet de l’entreprise : par ses avis, ses tests produits, son rôle dans la recherche et développement, son engagement militant éventuellement…, le client est un véritable acteur de l’entreprise, au même titre que les salariés, les administrateurs, les fournisseurs dont le client est le complément.
  • les salariés, bénévoles, administrateurs, actionnaires. En tant qu’acteurs principaux de l’entreprise, il est crucial que chacun s’intègre au projet de l’entité à hauteur de son plein potentiel. Les approches managériales qui privilégient le résultat sur la qualité et la fluidité d’expression de ce potentiel se condamnent à la frustration.
  • le Groupe auquel appartient l’entité. Il est possible que l’entité considérée appartienne à un Groupe, un Réseau, une Union… Plus proches que les partenaires extérieurs, ses membres sont sensés partager un projet commun qui les réunit. Les interactions entre entités du Groupe définissent une possible ressource pour chacun … ou une perte d’énergie.
  • l’ensemble des partenaires. Je considère comme partenaires tous ceux qui, sans faire partie de l’entité juridique considérée, échangent des ressources avec celle-ci. Il peut s’agir de fournisseurs, de financeurs, de sous-traitants, d’organisations œuvrant dans le même champ etc. L’objectif est qu’au-delà des rapports spécifiques avec chacun, l’entité permette une coordination de tous les partenaires, à leur mesure, à la réussite globale du projet de l’entité. Il arrive souvent en effet qu’un partenaire puisse contribuer à ce projet bien au-delà de la prestation initialement attendue. C’est une ressource. Pourquoi la négliger ?
  • les acteurs de l’environnement économique au sein du bassin d’activité de l’entité. L’idée est simple : si l’environnement économique autour de soi va mal, il y a peu de chances que l’entité considérée ne soit pas affectée. L’espoir vient du fait que la réciproque est vraie aussi !
  • l’environnement sociétal. Il est composé des habitants du bassin de vie de l’entité considérée. Social ou sociétal ? Le « social » place l’entreprise en position de chercher d’abord son intérêt financier puis d’en redistribuer une partie aux plus démunis. Le « sociétal » est impliqué totalement dans sa société et assume la responsabilité de son action en son sein. Multipliant ses échanges avec la société, l’entreprise engagée dans une démarche « sociétale » s’en trouve plus riche que celle qui se contente d’un rôle « social ».
  • l’environnement naturel. Même si l’on ne s’en rend pas toujours compte, l’eau, l’air, le gaz, le bois, le pétrole, la nourriture etc. jouent un rôle essentiel direct ou indirect dans l’activité humaine. Ne pas en prendre soin, c’est hypothéquer les ressources pour l’avenir. Si loin que cela l’avenir ou cela nous impacte-t-il déjà ?
  • le bilan comptable de l’entité. C’est la source d’énergie la plus connue et la plus documentée de l’entreprise. Une analyse financière permet de déterminer comment l’entité préserve son énergie financière, celle des autres et la mobilise.

Tout cela constitue ce que j’ai choisi d’appeler le « Management Sociétalement Responsable », en référence à la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Je l’ai nommé « Management Natwani » en hommage aux indiens Hopis qui ont préservé cette approche depuis des millénaires (cf page « à propos » sur ce site).

Ce management vise à relever un défi absolu pour nous : relier nos sociétés, notre activité économique, à des valeurs simples, rigoureuses et enthousiasmantes. Je vous invite à construire ce projet avec moi au fil des articles de ce blog. Les commentaires vous permettront de participer et d’indiquer comment vous déclinez le Management Natwani à votre échelle ! Merci !

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