Crises et bienveillance

Les extrémistes y croient dur comme fer : les crises conduisent au chaos et à la violence.

Aux Etats Unis, l’annonce de l’arrivée du COVID 19 a entraîné un bond des achats d’armes en quelques jours par des millions d’Américains bercés dans cette idéologie.

Mais le chaos est-il vraiment au rendez-vous ?

Alors que la crise COVID 19 est désormais installée mondialement depuis plusieurs mois, nous observons plutôt le contraire : la bienveillance, la solidarité, l’altruisme ont rarement dans l’histoire de l’humanité été démontrés avec une telle ampleur.

Des entreprises et des particuliers donnent du temps, du matériel, de l’argent pour endiguer le flux de la maladie. Toutes ces petites rivières donnent naissance à des fleuves inédits.

Des restaurateurs et des boulangers livrent quotidiennement et gratuitement des centaines de pizzas, de burgers et de croissants pour soutenir le personnel des hôpitaux. A part une augmentation probable du taux de cholestérol de nos méritants soignants, cet apport généreux ne contribue pas à autre chose qu’à une solidarité massive envers ceux qui se donnent pour sauver des vies.

Une étude scientifique du Centre de recherche sur les catastrophes de l’université du Delaware a montré « qu’après un désastre, il y a beaucoup plus de comportements d’entraide que de comportements antisociaux ». C’est effectivement ce que nous observons actuellement.

Certes des comportements antisociaux émergent aussi. Mais ce sont moins des comportements de violence que des comportements mesquins de délation et de rejet, des comportements de peur.

Les dirigeants, et de manière générale, toutes les figures en vue, ont un rôle déterminant dans l’équilibre des énergies qui se joue en temps de crise. Va-t-on vivre avec courage, détermination et solidarité ou avec peur, violence et rejet ?

L’Etat donne l’exemple. Les état européens particulièrement, en accordant des aides massives au système sanitaire et à l’économie, des aides tant techniques que financières, autorisent en miroir la dynamique du don, de l’engagement et de l’empathie.

Un journal allemand, le Frankfurter Allgemeine Zeitung, publie aujourd’hui un article parlant du « virage souverainiste » du président français à l’occasion de la crise du coronavirus. Je pense que ce qui se joue est tout le contraire d’une posture souverainiste. Le souverainisme se fonde sur la peur de l’Autre. Cette peur conduit à un repli sur soi.
La crise ici nous apprend autre chose : pour pouvoir aider les autres, il ne faut pas avoir soi-même trop de fragilités. C’est bien une dynamique d’ouverture vers l’Autre qui nous conduit à renforcer nos fondamentaux, augmenter nos réserves et développer nos capacités d’adaptations.

Plus encore : donner à l’autre, même quand cela nous coûte, renforce notre estime de soi, nous rend plus forts mentalement, plus sereins quant au futur… et les retours inattendus de générosité tissent, au moins le temps de la crise, une autre forme de lien social, une autre forme de communication.

Cette bienveillance qui fait tenir notre pays aujourd’hui, elle se construit dans le quotidien et bien en marge des crises, notamment dans un management où l’Autre est pris en compte. Cet Autre qui pourrait très bien nous sauver la mise dans les coups durs.

La crise révèle qui nous sommes. Je suis enthousiasmé par tout le positif que j’observe. Aurait-on parié là-dessus il y a quelques mois ?

Quand tout sera fini, j’aimerais garder une petite trace de cela dans les nouvelles relations sociales, le management en entreprise et le sens que nous voulons donner à notre vie.

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