Quel est le (vrai) projet de mon entreprise ?

 

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Guy de Larigaudie est une figure du scoutisme en France. En 1937, il se lance pour une entreprise folle pour l’époque : la première liaison automobile Paris-Saïgon, au volant d’une vieille Ford 19 CV 4 cylindres qui affichait 70 000 km, et baptisée Jeannette. Il écrit une pensée devenue célèbre : « Si tu veux creuser ton sillon droit, accroche ta charrue à une étoile. » Quelle belle ambition, porteuse d’espoir et de transcendance !

 

– Connaître ou créer le (vrai) projet de notre entreprise est vital –

Eviter les détours inutiles est aussi utile à un manager plongé au cœur d’un monde en mouvement qu’à un aventurier créant sa route au quotidien comme le fit Larigaudie.

Pourquoi parler de « vrai » projet ? Existe-t-il des « faux » projets ?  Nous commençons souvent par créer (ou gérer) notre entreprise en nous basant sur des présupposés bien cloisonnés. A mes débuts, je me suis rendu compte que je connaissais la mission de l’entreprise mais que j’avais un doute sur ce que j’appelle « le projet »: mon entreprise était-elle là pour gagner de l’argent ? Pour servir une population (je travaille dans le médico-social) ? Pour rattacher mon activité à des valeurs, j’ai eu besoin d’être honnête et clair sur ce que visait mon entreprise au-delà de sa mission.

 

– (Re) connaitre son (vrai) projet –

(Re) connaître son (vrai) projet est important pour deux raisons :

  • Ne pas tromper et soi-même et ses interlocuteurs
  • Définir des actions qui sont cohérentes avec le projet

 

– Les projets types –

Je me suis prêté à l’exercice de définir une nomenclature des projets types.

  1. Projet type 1: gagner de l’argent à court terme

Ce projet implique de tout mettre en œuvre pour que l’entreprise rapporte de l’argent rapidement, indépendamment des conséquences éventuelles sur un plus long terme.

  1. Projet type 2 : gagner de l’argent à moyen et long terme

Ce projet implique de ne pas considérer les échéances à court terme mais de construire petit à petit, avec constance et persévérance, un bénéfice qui s’avère souvent plus sûr.

  1. Projet type 3 : servir une cause toutes parties prenantes confondues

Ce projet place la cause avant tout. L’entreprise est prête à s’adapter autant que nécessaire pour que cette cause prévale. Nombre d’ONG, d’entreprises du secteur sanitaire, médico-social et social ou politiques se trompent ici. Elles considèrent  que sauver l’entreprise sauve la cause. C’est faux dans l’absolu. La cause peut être portée par d’autres que l’entreprise, ou par une autre forme d’entreprise. Par contre, si le projet est par exemple de garantir un niveau de santé en progression, il pourrait être judicieux de s’atteler davantage à supprimer les sources de maladies ou de troubles. La prévention, l’information, une politique sociale et sanitaire qui fasse des citoyens des acteurs de leur santé, surtout : la conception de la santé comme autre chose qu’un « bien » de consommation… Tout cela irait dans le sens du projet.

  1. Projet type 4 : servir une partie prenante donnée

Le management natwani identifie 8 parties prenantes :

  • Le client, usager, bénéficiaire
  • Les salariés, bénévoles, administrateurs, actionnaires
  • Le groupe/ réseau auquel appartient l’entité
  • Les partenaires
  • L’environnement économique
  • L’environnement sociétal
  • L’environnement naturel
  • Le bilan comptable de l’entité

 

  1. Projet type 5 : amener l’entité/ ses composantes à exprimer leur potentiel au plus haut niveau

Ce projet considère que l’entreprise est en priorité un moyen pour ses composantes d’atteindre un niveau de compétence et/ de qualité supérieur.

  1. Projet type 6 : garantir la pérennité de la structure

Il s’agit là d’un non-projet puisque l’entité n’a pas, ou n’a plus, de raison d’être.

 

– Garder la tête dans les étoiles et les pieds sur terre –

 

Enfant et adolescent, j’étais très tête en l’air. Je me rappelle d’un conseil de ma Mamy :  » Tu peux avoir la tête dans les étoiles mais pour être équilibré, il te faut être ancré dans la terre ». Je suppose que c’était sa manière de conjuguer valeurs et réalisme.

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